
Bruno Claviéras, responsable de l’aumônerie de Fleury, et moi, nous nous sommes rendus en Angleterre, dans le Surrey, les 27 et 28 octobre 2008, et nous avons visité, grâce à son aumônier, la prison (pour femmes) de Sand.
Elle est prévue pour 280 prisonnières.
Plusieurs choses nous ont frappés :
A l’évidence, le lien de l’Église anglicane avec l’État est fort et, pour le moment, malgré la sécularisation de la société, l’aumônier anglican – comme responsable d’un service d’aumônerie multi-confessionnel (une quinzaine de « chaplains » – dont beaucoup à temps partiel –, avec même une aumônerie des païens), joue un rôle institutionnel fort et coordonne non seulement une activité d’aumônerie au sens français du terme, mais aussi des « programmes » de refondation de la personnalité, ou de réinsertion.
Dans la prison de Sand – où nous avons passé trois heures, ce qui limite la portée de nos observations –, nous avons remarqué :
Des murs qui parlent : beaucoup d’écrits au mur !
Des cellules petites (6 et 11 m2 environ), avec papier peint, panneau d’affichage pour les photos de famille, couvre-lits fantaisie, douche protégée par un rideau de lanières espacées… et une sorte de miroir à la forme bizarre, dans un coin, permettant certainement aux surveillants de voir tout ce qui se passe dans la cellule à travers le regard de la porte.
Nous avons rencontré une magistrate venant, à titre bénévole, participer à une sorte d’audit permanent des problèmes du personnel et des prisonniers au nom d’une association (I.M.B.), reconnue par l’administration.
Nous avons visité le salon d’attente du bureau des entrées (fauteuils de mousse recouverts en bleu, tapis avec tissé « Welcome », affiche avec « Bienvenue » en une vingtaine de langues, affiche comportant une invitation à indiquer sa langue, en une trentaine de langues permettant à chaque prisonnière de montrer ce qu’elle comprend.
Nous avons traversé une salle de « visites », où les prisonnières peuvent recevoir leurs familles autour de 23 petites tables, avec un débit (gratuit) de boisson (enfin, du thé). Une vingtaine de familles étaient là, avec des enfants jouant ou s’accrochant à leur mère.
Nous avons entendu des témoignages de personnes ayant suivi une programme d’une association laïque appelée le Sycomore (www.sycamoretree.org.uk), ayant pour but une justice de « réhabilitation », qui permet aux coupables de prendre conscience des problèmes et victimes, et de trouver le chemin du pardon et de la réparation.
Nous avons entendu le témoignage de personnes vivant une sorte de vie communautaire en prison avec une association (www.kainoscommunity.com), qui leur permet de prendre une responsabilité vis-à-vis d’autres prisonnières.
Nous avons entendu le témoignage de bénéficiaires d’une association (R.A.P.T.), dont le but est de sortir la personne non seulement de l’addiction à la drogue, mais surtout des raisons qui l’ont poussée à l’addiction.
Nous avons constaté les efforts pour que la vie de la prison habitue petit-à-petit à la responsabilité, et évite d’infantiliser celles qu’elle prétend avoir pour objectif de réinsérer dans la société.
On nous a montré, de loin, un lieu, où des associations (Charity) prenaient en charge la recherche de logement et de travail.
Il nous a été donné de rencontrer, par la suite, Monseigneur Malachy Keegan (malachy.keegan@hmps.gsi.gov.uk), le prêtre catholique adjoint à l’aumônier général des prisons britanniques, et le Pasteur Alan Ogier (alan.ogier@hmps.gsi.gov.uk), représentants des 21 "free churches" auprès de l’aumônier général.
Pendant cet entretien, nous avons abordé différents sujets, parmi lesquels :
Mgr Michel. Dubost
Le 29/10/08