Mgr Dubost nous envoie 22 cartes postales de la République Démocratique du Congo où il a passé une semaine début juillet 2010, avec le Père Michel HENRIE, Vicaire général du diocèse de Meaux, envoyés par la Conférence des Evêques de France. Avec simplicité et poésie, il nous entraîne dans la vie et les paysages du diocèse de Bukavu, à la fois accueillant et meurtri.
Flash spécial
"Notre parlement et nous" n°22
"Notre parlement et nous" n°23
Comme dans chaque ville africaine –ou presque-
les enseignes de Bukavu méritent le détour.
A côté de celles qui nomment leur propriétaire
et celles qui sont plus ordinaires comme « Super Connexion »
on trouve :
« Editions don de Dieu rénové »
« Dieu, aide-moi, quincaillerie »
« Victory church of Congo »
« La ripaille renouvelée »
« Quincaillerie de la manne »
« Restaurant les retrouvailles »

« Tout est doré chez Dorée »
« Pharmacie Gloire à Dieu »
« Dieu est »
« Dieu, aide-moi »
« Shop Maradona »
« J’adore gagner »
« Papeterie Le réflexe »
« La gloire de la grâce »
« Bar convergence »
« Bar des super copains »
« Garage à la une »
« Taxiphone à l’ami fidèle »
« Pharmacie deux poissons »
« Bar tout est O. K. »
« La grâce divine »
« A la dilatation du plaisir ».
Et, au coin de la rue, un calicot :
« La police dit non au V. I. H., oui au dépistage. »
La ville est grouillante, vélos, motos, autos
aux trajectoires qui s’enchevêtrent…
La route, la foule qui s’espace
et puis, le poste-frontière. Encore un grouillement
familier. Les gens se connaissent,
stationnent, font la queue, s’arrêtent, bloquent la file, rient.
La barrière s’ouvre ; le préposé est un vieux, un peu triste.
Nous sourions, il montre une dent esseulée…
Nous passons. Le macadam est terminé : la piste.
A quelques mètres… Le Congo.
Tout à l’heure, elle était mauvaise,
étroite, crevassée.
Souvent surplombant de tout son goudron un côté effondré.
C’est là, à Sange, qu’un camion-citerne a versé.
Le conducteur –qui ne connaissait pas le camion-
(le vrai conducteur n’avait pas ses papiers pour passer la frontière)
n’a pas su redresser son véhicule alors qu’une roue était dans le vide.
Du camion couché, l’essence coulait comme une aubaine,
et les gens se sont servis.
Une moto, une étincelle sans doute, 300 morts…
dont des dizaines étaient agglutinés autour d’une télévision.
(Coupe du monde oblige !)
La foule des pauvres qui marchent
qui marchent… sans fin.
Dans les villages, quelques étals de fortune : tomates, oranges, en petits tas.
Essence au litre et au demi-litre.
Il n’y a pas de classe moyenne, donc peu de voitures
-Sauf celles des O. N. G.-
Quelques motos… mais la population marche.
Maintenant, la route est franchement épouvantable.
Dépasser le vingt kilomètres/heure est un exploit.
Atteindre dix kilomètres/heure est déjà une performance
et tout le corps devient douloureux d’être secoué.
Et pourtant…
Jamais paysage n’a offert tant de plans :
Collines bleutées aux horizons divers,
virages multiples à la recherche des cours d’eau,
eucalyptus souvent, palmier quelquefois.
Ici, quelques femmes reviennent des champs.
D’autres, telles des coolies chinois, portent des sacs de farine,
supportées par une lumière qui leur passe sur le front.
Pas un chien, des oiseaux,
des cabris qui hésitent devant la voiture,
des enfants qui mâchonnent un bout de canne à sucre
en criant MONUC (les forces de l’O.N.U.)
et en réclamant des bonbons…
Ce n’est pas désert, mais presque.
Et, d’après notre pilote, beaucoup d’affiches sont trompeuses.
Ici, l’usine à sucre a été fermé.
Là, tel bâtiment a été ravagé par la guerre –ou un tremblement de terre-…
Du sable, de la roche qui affleure, des cailloux
et encore des cailloux…
C’est une route principale, nationale.
A quelques kilomètres de Bukavu
elle devient meilleure, hésite devant l’asphalte.
Un instant, s’en revêt –souvenir d’un temps lointain-
et renonce…
Un grand portail de tôles d’acier, du barbelé…
un coup de klaxon…
Nous sommes arrivés et accueillis.
« Je mets ma main sur mon front…
Je mets ma main sur mon cœur…
Je mets ma main sur mon épaule droite…
Je dis Amen. »
Une ritournelle. Les filles ont entre 5 et 8 ans.
L’une hésite… La petite sait tout par cœur.
Elles baissent les yeux avec timidité,
et finissent dans un sourire vainqueur.
Avec leur T. shirt Pokémon
elles ressemblent à toutes les petites filles du monde
et pourtant ! Et pourtant, ce sont des sorcières.
Des sorcières…
_ - C’est vrai que tu es une sorcière ?
- Oui.
- Qu’est-ce qui te fait dire cela ?
- J’ai tué quelqu’un !
-Tu as tué ? Comment tu as fait ?
- Je ne sais pas. Mon petit frère est mort
et on m’a dit que je l’avais tué…
- Qui ?
- Ma maman…
Ici, dans le centre, elles ne craignent rien…
et elles chantent des comptines
hors de la misère, hors du monde.
Des collines… Des rues larges. Des motos. De la poussière.
Huit cent cinquante mille personnes, paraît-il.
Et une foule dense, compacte, qui marche
le long des bas-côtés… chacun cherche à vendre.
Minuscules étals sur des kilomètres
qui masquent -à peine-
un chômage déguisé.
On y vend quelques fruits, du dentifrice,
une ferraille…
Ce n’est pas triste… mais plutôt laborieux.
Quelques-uns des 1600 enfants des rues qui détalent.
Et, si tout est pauvre…
les boubous sont beaux… et la propreté règne presque.
Une mosquée se voit…
La cathédrale domine.
Le lac apporte sa fraîcheur.
Les voitures vont tantôt à gauche, tantôt à droite
là où le passage est le meilleur.
Et la place « Feu rouge » (où il n’y a pas de feu)
est encombrée par des policiers qui semblent faire exprès
de créer des embouteillages –grande ville oblige !-

L’église saint François-Xavier est imposante.
Immense hall de béton où doivent pouvoir se réunir 2500 personnes…
Ici et là, des fissures, voire des crevasses,
souvenirs de tremblement de terre.
En contrebas, le presbytère…
Une petite troupe attend…
Ils ont entre trois et huit ans,
une jupette et une couronne de raphia
et ils dansent.
Une femme, jeune, énergique, rythme leurs pas
au son d’un tambour qui scintille sur sa peau de tigre
« Karibou »… bienvenue !
Et ils nous entraînent. Toujours au son du tambour
nous suivons un escalier qui dégringole le long de la colline
et là, d’autres chants nous attendent…
Ils sont deux cents peut-être, femmes et enfants.
Chacun devant un méchant récipient rempli de haricots,
de riz et d’un morceau de viande…
C’est une sorte de soupe populaire pour malnutris ou dénutris.
Ils étaient mille à chaque repas, il n’y a pas si longtemps…
Et ils vivent avec et grâce à un vieux prêtre italien
et 15 000 dollars par an…
Le tambour se fait pressant… et chacun danse
devant son bol.
Il est là pour deux ans, envoyé par la Fidesco.
Il vient de Paris. Il a quoi ? Trente ans.
Sa femme travaille comme prof
et lui… et lui travaille au B. Dom
(Bureau diocésain des œuvres de santé).
Le B. Dom est un monde :
Il contrôle 18 des zones de santé de la province.
Il possède 10 hôpitaux.
Il anime cent centres de santé
Il abrite le comité diocésain de lutte contre le sida.
Il produit des médicaments génériques.
Il fabrique des emballages plastique.
Il est fort de 1062 agents de santé
dont 40 médecins.
Ici, 105 personnes travaillent d’arrache-pied,
surtout aujourd’hui, car il faut produire les médicaments
pour les blessés de l’horrible accident de Sange.
Samuel au B. Dom ?
Il fabrique des panneaux solaires.
Avec Augustin, ils construisent entièrement
une dizaine de panneaux chaque semaine.
Ils reçoivent des cellules photoélectriques de Belgique
et ils fournissent aux centres de santé
ce qui leur donnera de l’énergie pendant vingt ans…
Samuel avait passé quelques mois en Afrique.
Il en rêvait. Marie, sa femme, pas du tout.
Un petit cadenas a tout changé.
Le porte-clef était africain.
L’abbé local parle du porte-clef
et dit : « Vous devriez y aller en vacances. »
Marie dit que Samuel rêve d’y aller deux ans
et tout s’est noué ce soir-là.

Liliane (je l’appelle ainsi) est excitée.
Elle attaque l’évêque à propos de l’enterrement d’une Sœur.
Pourquoi n’a-t-elle pas été enterrée à la cathédrale ?
Elle l’avait été.
Liliane est anesthésiste à Liège.
Elle doit avoir une petite soixantaine.
Elle n’a pas eu le temps de déjeuner
elle a parcouru des kilomètres d’une route épouvantable…
et le martini fait son effet.
Elle revient chaque année avec une O. N. G. :
« Médecin sans vacances »
18 jours… Elle vient avec du matériel.
L’O. N. G. finance le voyage
et constitue des petites équipes,
chirurgien, infirmière, anesthésiste.
Et ils travaillent ici…
En particulier, à la formation permanente
et, ce soir, elle tourne, elle rugit
contre les grands de ce monde.
Ici, paraît-il, le canapé est un signe…
Les cases rurales sont vides. Rien
sauf un banc…
Dans la plus petite maison en dur
un canapé de planches…
En ville, le canapé se couvre de mousse
et les villas ont des canapés avec coussin
Au-dessus, il y a le canapé « Boeing »
en cuir, profond, moelleux…
Mais mon voisin ajoute :
« Sous le cuir, le bois est de mauvaise qualité »…
La route est (re)faite par les Chinois…
On la quitte pour un chemin à travers champs.
Monseigneur Joseph fait remarquer que c’est ici,
ici que commence la propriété.
Elle était celle d’un Italien,
puis d’un Belge, puis d’un député, puis de l’université.
Le bâtiment est superbe (il y en aura cinq similaires).
Grands amphis, salles d’ateliers, bureau, cafeteria…
quelques meubles sont déjà là…
mais l’inauguration n’a pas eu lieu.
Devant… à un kilomètre, le lac.
(en principe, les étudiants viendront de Bukavu par le lac
Mais comment monteront-ils le kilomètre de boue ?)
C’est superbe…
Derrière, un immense tas de terre…
un bulldozer gît devant : il est mort là…
Comment sera-t-il enlevé ?
Comment sera refait le chemin qui mène à la route ?
(Nous sommes par la route à vingt-trois kilomètres de Bukavu)
…
Il faudra demander aux Chinois !
Simple. Dénudé (il a été pillé)
vaste mais proportionné. Le monastère.
Au fond de la chapelle, la salle du chapitre,
les Sœurs en demi-cercle. Silence.
« La sécurité » ?
Silence.
Nous allons faire une clôture plus sérieuse,
des policiers viennent la nuit près des bâtiments.
Et cela vous sécurise ?
Nous ne savons pas qui sont les assassins de notre Sœur !
Des essences d’arbres multiples
un chemin qui permet de marcher autour de l’étang.
Deux paillottes
C’est beau.
L’évêque rêve…
Il voit là des touristes…
il fait payer l’entrée
et pourquoi pas un hôtel
pour donner du travail ?...
L’évêque quitte le chemin, en prend un autre,
un bâtiment surgit.
Il appelle cela l’usine.
Déjà, des graines de sorgo, de soja et de maïs y sont stockées
pour produire une farine
destinée aux malnutris.
Le gouvernement a donné deux tracteurs.
Ils sont là. Des ouvriers les bichonnent.
La région a été riche.
mais il y a eu la guerre
L’inondation (4000 poulets sont partis à vau l’eau, et des vaches)
L’évêque rêve.
Il faut repartir.
On rit…
L’un dit : « A Bukavu, il n’y a pas de coupures de courant.
La règle, c’est qu’il n’y ait pas de courant…
Seulement, de temps en temps, l’électricité fait des apparitions. »
Un autre ajoute :
« Une fille est sortie avec un Chinois
elle a eu un enfant…
Le bébé est mort au bout de quelques jours.
Et la mère de s’exclamer :
« Je savais bien que ce qui est Chinois ne dure pas. »
La route secoue…
Nous longeons un camp de la MONUC
Des Pakistanais.
Un peu plus loin, un bloc rocheux, une inscription :
« Allah est le seul Dieu et Mahomet est son prophète »
Dans la voiture, le chauffeur nous dit :
« Ils sont très prosélytes. »
Cela danse le long de la route.
Un groupe de femmes entourant l’une d’elles
de retour de la « maternité »…
avec le gamin…
Si on ne l’accueille pas au village en chantant
il sera grincheux, paraît-il.
Un enfant… Ici, dans les villages, les enfants sont partout.
Les hommes n’ont pas de travail
pas de loisirs, pas d’électricité
et les femmes veulent des enfants.
C’est l’occasion pour leur mari de leur donner un boubou
C’est l’occasion pour elles de montrer leur valeur…
Leur dignité, c’est d’être mère.
L’Eglise a mis au point depuis 1985
un programme « pour les naissances désirables »…
Mais… pour le moment
les femmes du village dansent
pour accompagner l’enfant.
Ce matin, les collines sont immobiles.
En s’éloignant, elles deviennent de plus en plus bleues.
Une brume qui sent l’eucalyptus
(c’est le bois que l’on brûle pour la cuisine)
Tout est calme.
Un homme sort avec son couteau de brousse
pour nettoyer une haie.
Et, d’un seul coup, je revois le Rwanda.
Kabare n’est pas si loin.
La route, faite par les Chinois, n’est pas si mauvaise.
Et, quand elle sera terminée
ce sera presque facile.
Pour aller à Kabare, il faut monter.
Quelques petits hameaux
un village de policier –maisons de briques délabrées-
une bananeraie –superbe-.
Bien sûr, du monde le long de la route
mais on se demande où peuvent habiter
les 60 000 paroissiens.
Là-haut, on arrive sur une place gigantesque.
Une école neuve,
une école ancienne,,
des baraquements
un enclos,
une église sans toit :
Le séisme a cassé l’église
et dévasté l’école, dont la reconstruction (belle) est presque achevée.
Les baraquements vont être détruits.
Le curé nous fait visiter l’enclos du presbytère.
« C’est par là qu’ils sont entrés
Ils ont descellé la protection de la fenêtre.
Ils étaient deux.
J’étais caché dans la cheminée,
ils ne m’ont pas vu.
Le Père Daniel s’était caché dans les toilettes,
ils l’ont tué.
Les villageois ont bloqué toute la fin de la nuit
une des voitures des agresseurs :
Deux hommes. Une femme.
Mais ce ne sont pas eux qui ont commis le crime,
et, quand la police est venue
elle a plutôt protégé les complices,
elle n’a pas cherché à savoir, à comprendre.
Il y a des indices des complices
mais l’enquête n’a pas commencé. »
Il est devant, au premier rang des étudiants,
il fait un grand effort pour parler
(il me dira après : « Ça me prend aux tripes »).
Alors que les autres ricanent au fur et à mesure qu’il parle.
« Le Congo a été colonisé pendant 80 ans
il a été pillé par les Belges.
Est-ce que Justice et Paix plaide
pour que les Belges remboursent ce qu’ils nous ont volé ? »
« Les Français ont pris position pour soutenir le Brésil
contre le Congo en ce qui concerne la protection des forêts.
Est-ce que vous trouvez juste qu’on nous interdise d’exploiter nos forêts
sans nous payer ? »
« La Belgique nous a colonisés…
Aujourd’hui, nous ne l’intéressons plus.
La France semble vouloir être présente.
Pour quoi faire ? »

Une balade sur le lac.
Un vrai bateau, genre bac,
fauteuils à l’intérieur, chaises à l’extérieur.
Le gouverneur, le vice-gouverneur
le président de la F. E.C., (la chambre de commerce),
le responsable de la brasserie (qui régale tous les passagers),
l’évêque et quelques prêtres,
des dignitaires,
dont, quelquefois, le tour de taille
semble indiquer la responsabilité sociale.
Des dizaines de jeunes qui dansent
(les vieux l’ont fait un peu aussi)
sur des airs locaux…
et Bukavu.
Pas Bukavu la poussiéreuse
Bukavu la bourgeoise, la coquette.
Ses maisons de brique, ses petits palais
ses jardins de rêve
ses maisons religieuses.
Bukavu qui s’étale sur cinq doigts de terre,
qui semble vouloir empêcher le lac
de se rendre au Rwanda.
Et le bleuté, dans la brume du soir,
de ses collines qui s’enfuient vers l’horizon.
Elle s’appelle la troisième messe.
Elle est généralement en Français
mais chantée en latin ;
Une chorale de jeunes nous vaut des chants locaux et français
rythmés, quelquefois,
mais, souvent, presque nostalgiques
comme marqués par l’histoire tragique des derniers temps.
Les clercs d’autel accompagnent d’un pas dansant
Les principaux moments de la liturgie…
Le prône dure plus d’une demi-heure.
On nous explique que les paroissiens, par leur générosité,
ont dégagé 110 000 dollars l’année dernière
pour l’entretien de la cathédrale
et construire un presbytère.
La bénédiction a lieu dehors
auprès des tombes des trois derniers évêques
dont un au moins est mort martyr…
Sortant de la sacristie, une autre chorale nous chante
« Le lion est mort ce soir »… Nostalgie ?
Oui, nous avons acheté des Rwandais…
Nous avons discuté le prix avec leurs tortionnaires
et nous les avons accueillis.
Tutsi ? Hutu ?
Nous devions célébrer en petit comité pour rendre grâce.
Ils sont des centaines…
Derrière le sanctuaire, il y a la tombe de Joseph van der Haeghe,
le premier Père blanc, apôtre du Kivu, mort à trente ans
il y a plus d’un siècle.
Un grand auvent semi-circulaire, un amphithéâtre,
une sorte de grotte, des ex voto
et la foule.
Que la terre est belle !
Ici, les femmes sont en tenue des champs
mais leurs parasols bleus, jaunes, verts, rouges
font ressortir la dignité de leurs boubous.
Les bleus des Enfants de Marie
Les jaunes fleuris des Sœurs…
Que la terre est belle !
Une petite fille, toute de tulle jaune vêtue
court d’ici et de là.
Les bébés comme des vouvouzelas égaient la prière.
Que la terre est belle !
Une chorale, un petit ballet de filles
(le maître de ballet doit avoir douze ans, la plus petite le regarde fixement).
La prière monte avec le chant
calme, rythmée comme le vent.
La ferveur est intense…
Que la terre est belle !
Tout à l’heure, un épervier, très haut dans le ciel,
deux papillons…
Tout semble chanter l’action de grâce.
Que la terre est belle !