Le 2 février, l’Église célèbre une fête qui a souvent changé de nom :
aujourd’hui, elle se nomme Fête de la Présentation du Seigneur (au Temple),
hier, Purification de la Sainte Vierge,
et, beaucoup plus longtemps, même en occident, Hépapante,
en Grec, fête de la rencontre,
et chez nous, Chandeleur.
40 jours après Noël, l’Hépapante annonce déjà Pâques.
La fête est ancienne.
Elle est fondée sur la lecture de Luc 2. 22-39.
Chez les Juifs, la femme était cultuellement impure après l’accouchement :
40 jours pour les garçons,
80 jours pour les filles,
et, pour sortir de cette impureté légale,
elle devait offrir un agneau ou deux colombes.
De plus, le fils aîné de chaque famille était censé appartenir à Dieu.
Et, pour le garder, on faisait une petite offrande au Temple.
L’Hépapante s’appuie sur la réalité du monde juif de l’époque.
En arrivant à Rome, l’Hépapante est devenue fête de la lumière.
Siméon chantait le Christ « Lumière des nations ».
A Rome, une procession aux flambeaux, jusqu’au VIème siècle, marquait une fête païenne.
En arrivant en occident, l’Hépapante s’est enrichie de cette lumière.
Ce sont les Gaulois qui l’ont appelée Purification de la Vierge.
Pendant longtemps, la fête a été considérée comme une fête de Marie.
Paul VI a souligné que la souffrance de Marie (le glaive qui la transpercerait)
la liait au mystère de Pâques…
Enfin, le 2 février 1703, il y eut un grand tremblement de terre à Rome,
mais très peu de victimes.
Alors le Pape ajouta à la fête une célébration du Te Deum.
L’Hépapante est une vraie fête de la rencontre :
on y célèbre la venue de Dieu dans notre monde
(de Jésus dans le Temple),
on y célèbre cette présence mystérieuse et discrète
dans notre histoire… faite d’heur et de malheur…
Bonne rencontre avec Lui !
Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry – Corbeil-Essonnes
Le 30 janvier 2012