La semaine prochaine, nous vivrons la traditionnelle semaine de l’unité.
Une semaine, c’est court. Mais c’est une invitation à placer toute notre année dans cette recherche inlassable de l’unité voulue par le Christ.
La prière du Christ devrait nous tarauder : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi ; qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17. 21).
Jean XXIII voulait que le Concile Vatican II soit « œcuménique » (dans les deux sens du terme, rassemblement des évêques du monde entier et ouvert aux autres confessions chrétiennes).
Et le Concile fut œcuménique.
Certes, cinquante ans après, le texte « Unitatis Redintegratio » a pris plusieurs rides.
D’abord parce qu’il a, en partie, réussi.
Les différentes communautés chrétiennes, aujourd’hui, se rencontrent et, j’ose le dire, s’estiment… et, plutôt que le refus de l’autre (fréquent à l’époque), ce qui caractérise les catholiques, et beaucoup d’autres chrétiens, est le désir d’aller plus loin et plus vite.
Pour autant, il est bon de réentendre Vatican II :
« Toute rénovation de l’Église consistant essentiellement dans une fidélité plus grande à sa vocation, c’est dans cette rénovation que se trouve certainement le ressort du mouvement vers l’unité. L’Église, au cours de son pèlerinage, est appelée par le Christ à cette réforme permanente dont elle a continuellement besoin en tant qu’institution humaine et terrestre. »
Vatican II, Unitatis Redintegratio, 6
L’impatience ne doit pas d’abord conduire à parler contre son Église ou contre la manière de concevoir l’Église des « autres », mais doit conduire à notre propre conversion au Christ. Il n’y a pas d’unité possible sans un renouveau interne, une conversion de toutes les communautés chrétiennes ! C’est cette recherche de fidélité au Christ qui est le moteur du mouvement œcuménique. Et il n’y a pas de fidélité possible sans revenir, à temps et à contretemps, à la Parole du Christ elle-même. Cette Parole qui invite à nous comporter en Fils de Dieu.
Et ceci nous engage à une réforme perpétuelle…
« Cette rénovation revêt donc une insigne valeur œcuménique. Les différentes formes de vie de l’Église par lesquelles s’accomplit la rénovation en cause (mouvement biblique et liturgique, prédication de la Parole de Dieu, catéchèse, apostolat des laïcs, nouvelles formes de vie religieuse, spiritualité du mariage, doctrine et activité de l’Église en matière sociale) sont à considérer comme autant de gages et de signes qui annoncent favorablement les futurs progrès de l’œcuménisme. »
Vatican II, Unitatis Redintegratio, 6
Donc, vivre la recherche de l’unité…En se convertissant.
Peut-être faut-il cependant ajouter un point. Pour nous, catholiques, la véritable fidélité au Christ demande de tout faire pour construire, non pas un club des communautés chrétiennes où chacun vive l’unité simplement en étant aimable avec les autres (ceci est déjà presque fait), mais une communauté de foi et de charité, visible et forte.
Une semaine de l’unité devrait être une semaine d’abandon à l’Esprit-Saint, qui est amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père.
Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry – Corbeil-Essonnes
Le 9 janvier 2012