
Il y a quelques jours la prison, une fois encore, a été au premier plan de l’actualité.
Il est sans doute facile de se passionner pour la question… et de prendre parti soit pour les uns, soit pour les autres.
A vrai dire, l’important est sans cesse se rappeler le pourquoi des prisons. A mon sens il est triple :
Ces trois finalités appellent des remarques.
Certes, il est nécessaire de protéger la société... mais il est absurde de la protéger en ne punissant des personnes qui sont des malades et non pas des délinquants… or, beaucoup de prisonniers sont en prison parce que, malades psychologiquement, l’on ne sait pas où les mettre ailleurs.
Certes, il est normal de punir… mais punir ne veut pas dire laisser dans l’anxiété, ni même plonger une personne humaine dans un état de dépendance totale… punir ne veut pas dire non plus punir les parents et les proches en faisant de chaque visite une épreuve.
De toute façon, il est nécessaire de penser à l’après-prison : il est évident que cela est nécessaire pour la personne… mais la société y a aussi intérêt. La réinsertion devrait être une priorité. Elle nécessite d’aider les personnes à prendre conscience de la gravité de ce qu’elles ont pu faire subir à d’autres, à apprendre ou à continuer à travail-ler, à se considérer et à être considérées avec dignité, à prévoir l’habitat, à conserver ou à créer des relations, à avoir un minimum d’argent au moment de leur sortie.
Le département de l’Essonne accueille la plus grande prison d’Europe, Fleury-Mérogis. Cette prison a quarante ans. Elle est en rénovation pour de trop longues années. Sa présence dans le département est pour le diocèse une responsabilité.
Cette responsabilité doit être exercée pleinement. Le secours Catholique et l’aumônerie, pour leur part, y contribuent. Mais aussi beaucoup de chrétiens qui y sont présents par des associations à but particulier.
Le personnel de la prison n’a souvent pas assez de temps pour établir de vraies relations humaines avec les prisonniers. Or, sans relation humaine ceux-ci ne peuvent pas préparer leur réinsertion. Évidemment le rôle de l’État est premier… mais il me semble que nous avons un devoir particulier de fraternité dans la prison – et là beaucoup de travail se fait –, et après la prison : là, il y a beaucoup à inventer.
+ Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
Le 15 mai 2009