Contact S'identifier
Diocèse d'Evry - Corbeil Essonnes - AccueilDiocèse d'Evry - Corbeil Essonnes - Accueil

Catholiques en Essonne

Donner en ligne

Accueil > Découvrir l’Église en Essonne > Jumelage > Comment dire Dieu dans notre société sécularisée ?

Comment dire Dieu dans notre société sécularisée ?

Synthèse du colloque franco-allemand 2013-2015
« Dire Dieu dans un monde sécularisé »

La réflexion commune dans les deux diocèses d’Evry et de Munich-Freising sur le thème « Comment dire Dieu dans un monde sécularisé » a eu lieu en 2013-2014
sous forme de colloques organisés sensiblement différemment dans les deux diocèses.

Malgré des différences de structures dans nos deux sociétés, les deux colloques ont
donné des résultats/constats similaires sur les a5tudes des chré6ens dans ce7e
société de plus en plus sécularisée ; dans ce contexte, le témoignage personnel,
« être témoin », vivre en disciple de Jésus pour « dire Dieu » semble plus important que les mots

Télécharger la synthèse

En septembre 2013, pour la saint Corbinien était organisé à Evry un colloque franco-allemand , sur "Comment dire Dieu dans notre monde sécularisé ?" avec la participation du Cardinal Marx, de Mgr Dubost et du sociologue Jean-Louis Schlegel.
En novembre 11 témoins sont venus partager leurs richesses, leurs "outils", pour dire Dieu. Ces témoignages vous sont délivrés, tout au long de ce temps de Carême, accompagnés de questions d’auditeurs.
Nous serions heureux que vous puissiez, vous, lecteur, participer aussi à ce débat et enrichir notre réflexion par vos réactions, vos témoignages.

Table ronde à l’occasion de la fête de Saint Corbinien. Deux Églises en dialogue pour porter la Parole de Dieu aux hommes et femmes d’aujourd’hui.
Le 7 septembre 2013, Evry

Jean-Louis Schlegel
Cardinal Marx
Mgr Dubost

- Intervention de Monsieur Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions.
- Intervention du Cardinal Reinhard Marx, archevêque du diocèse de Munich-Freising.
- Intervention de Monseigneur Michel Dubost, évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes.

Dans nos deux pays nous conduisons maintenant une réflexion, chacun à notre manière, et nous mettrons en communs nos pistes, nos conclusions.

Témoignages

Le 16 novembre 2013, nous avons invité des personnes à témoigner. Elles ont été choisies car elles ont une expérience de la façon de dire Dieu aujourd’hui, soit avec des outils nouveaux, soit dans des milieux spécifiques, comme la prison, le milieu scientifique...
Nous leur avions posé trois questions issues du débat du 7 septembre :

  • Peut-on dire Dieu sans l’envelopper dans des dogmes et une morale ?
  • Faut-il dire Dieu ? Comment ?
  • Exhortation du pape François : "Allez à la périphérie". Des situations ont pris une acuité nouvelle (monde sécularisé, moyens de communication, divorcés remariés, homosexuels...Qu’en dire ? Que faire ?

Réagir aux témoignages ci-dessous pour tendre vers des pistes concrètes.

Madame Claude Pillard

aumônier de prison
Télécharger le témoignage
1. Témoignage
En prison, notre rôle est de créer un lieu de parole pour les détenus. Ce qui est important, c’est de respecter la vie humaine. Les personnes détenues ont souvent une image cliché d’une Église qui se voudrait parfaite et ne serait donc pas pour eux. Nous sommes la voix d’une Église qui leur dit que le Christ, au-delà de leurs actes, sait les voir dans leur dignité et parce qu’il les aime, les appelle à se remettre debout.
Aller à la périphérie pour y découvrir et rencontrer Dieu autrement.
Respecter l’"autre" dans son humanité après avoir appris à le connaitre (ses valeurs et sa valeur…)

Un schéma pour la rencontre :
pour « dire Dieu », il y a « moi »,
il y a « celui auprès de qui je témoigne de ma foi en Dieu »
et il y a « ce que je dis » et « comment je le dis »

2. Questions d’auditeurs :
- Est ce que ma vie est suffisamment tournée vers le monde sécularisé pour me permettre de rencontrer des personnes qui fréquentent moins l’Église que moi ?
- Au nom de qui est-ce que je parle ? Quelle est ma mission ? Qui me l’a donnée ?

Paul Israël

Télécharger le témoignage
inspecteur du travail, diacre de la Mission de France
1. Témoignage
Dire Dieu présuppose une expérience intime de la rencontre avec Lui. C’est une grâce de Le rencontrer personnellement.
Le silence de Dieu ne se confond pas avec une absence de Dieu.
Cette rencontre s’effectue au contact des différents groupes humains auxquels nous appartenons :
-  Communauté chrétienne pour partager notre expérience de foi,
-  Communautés de vie (travail, engagements divers, loisirs,…) pour découvrir et reconnaître le visage du Christ,
-  Ces lieux sont ceux où se vit notre baptême.
Le combat auprès de ceux qui sont blessés par la vie est un exercice d’humanité mais également un chemin spirituel.

2. Questions d’auditeurs :
Peut-on dire Dieu sans appartenance sociale, sans participer à la vie des hommes ?
L’engagement n’est-il pas considéré par beaucoup de chrétiens comme un superflu ?

Clotilde Pupat

laïque en mission ecclésiale,
chargée entre 2005 et 2013 du service diocésain de la Catéchèse.
Télécharger le témoignage

1. Témoignage :
Pour Coltilde, à travers l’expérience de la catéchèse de l’enfance, Dieu se dit avec sa foi, avec le cœur, sinon on risque d’en rester au niveau de l’intellect, voire de la morale et des dogmes.
Dieu est un être de relation qui vient à la rencontre de l’homme et désire entrer en relation avec lui. Il nous appelle à nous convertir et convertir notre regard sur nos frères.

2. Questions d’auditeurs
- Y a-t-il une manière unique de dire Dieu à tous les âges ?
- Comment dire Dieu quand les personnes qui nous interpellent commencent par parler de morale et attaquent les dogmes ?

Gisèle Bikandou

Architecte, originaire du Congo Brazza
Télécharger le témoignage
1. Le témoignage
- La foi est confrontée à une situation de sécularisation qui rend son expression difficile : on est en butte à la culture, la raison, la religiosité.
- En Afrique noire, l’environnement familial et social permet l’expression de la foi et fournit le support d’éducation qui permet cette expression.
- Les principes de laïcité sont parfois outrepassés en en faisant une véritable religion civile ; l’État en fait trop sous prétexte de libérer l’enfant de la « pression » familiale.
- La foi doit trouver une expression régulière au travers du chapelet, de la messe dominicale et en semaine, la prière pour les hommes et la conduite du monde, le partage de la Parole.
- Les personnes dans le monde sont en attente de quelque chose de meilleur ; prendre l’attitude du Christ qui est comme un aimant.

2. Des questions d’auditeurs
- Alors que certains voudraient faire de la laïcité une religion, la recherche de Dieu n’a pas été perdue pour autant. Comment est-ce possible ?
- La culture africaine est-elle plus propice à l’expression d’une certaine religiosité, et à l’expression de la foi chrétienne ?

Gervais Descamps

Ingénieur, responsable du secteur Essonne du Mouvement des Cadres Chrétiens
Télécharger le témoignage
1. Le témoignage
- Les sociétés occidentales ont progressé dans la connaissance du bien comme du mal, dans de très nombreux domaines, avec et sans Dieu.
- Le monde chrétien, éclairé par l’Esprit et par l’Évangile du Christ, doit être à même de discerner les pièges de ce mal opposés à l’humble puissance de l’Amour.
- " Personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à partager" : cela nous a été rappelé au cours de Diaconia 2013 à Lourdes.
- En équipe MCC ( Mouvement des Cadres et des dirigeants Chrétiens), les réflexions sur les Évangiles aident notre regard sur l’autre à évoluer vers plus d’attention, de respect et d’amour fraternel.

2. Des questions d’auditeurs
-  Comment se porter vers toutes les " périphéries " et réussir à rejoindre les marginalités spirituelles et sociales de nos sociétés ?
-  La Doctrine sociale de l’Eglise est trop méconnue chez les chrétiens comme dans la société civile : est-elle si éloignée des préoccupations quotidiennes des femmes et des hommes d’aujourd’hui ? Et incompréhensible pour les dirigeants économiques et politiques de notre époque ?

Bernard Saugier

Bernard SAUGIER

professeur honoraire d’écologie à l’Université Paris-Sud (Orsay)
Télécharger le témoignage
1. Le témoignage
- Pas de prosélytisme au travail, mais être préparé à rendre compte de sa foi dans une relation de confiance mutuelle.
- Le vrai problème n’est pas « Est-ce que Dieu existe ? » mais « quelle image de Dieu avons-nous ? » Est-il très haut ou très bas ? Si c’est un Dieu très bas, cela veut dire qu’on doit être prêt à perdre son statut social pour aller à la rencontre du prochain.
- Beaucoup de jeunes sont sensibles à la nature menacée par les activités humaines. Une théologie de la création renouvelée nous aiderait à gérer les deux de façon harmonieuse.

2. Des questions d’auditeurs
- Il est difficile de rendre compte de sa foi. Faut-il chercher des termes acceptables par tous ?
- Sommes nous capables de dire quelle est l’image du Dieu auquel nous croyons ?
- Quelle est la relation entre l’écologie et la théologie ? L’écologie n’est elle pas un outil de langage qui peut être pris par les chrétiens et compris par un grand nombre ?

Blaise Bikandou

Blaise BIKANDOU

Médecin, expert international, originaire du Congo Brazza
Télécharger le texte du témoignage
1. Le témoignage
-  Exigence d’être témoin de l’amour du Christ : « si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous reconnaîtrons que vous êtes mes disciples » Jn 13, 34.
-  Risque de réduire l’homme à un gadget dans une société de plus en plus sécularisée.
-  Enjeu de l’Eglise de se tourner vers les pauvres et les marginalisés.
-  Nécessité de se tourner vers le Christ : "sans moi, vous ne pouvez rien faire " les puissances à l’œuvre dans le monde empêchent l’épanouissement de l’humanité.

2. Des questions d’auditeurs
-  L’humanité peut-elle s’épanouir sans transcendance ?
-  Peut-on construire un monde meilleur, au service de tous, sans un effort sur soi-même et l’exigence d’un amour fraternel ?

Claire Tebar Villar

Claire Tebar-Villar

Mère au foyer, Master de cinéma à la Sorbonne
1. Quelques éléments du témoignage :
- Télécharger le texte du témoignage
Le cinéma.
Les papes se sont intéressés au cinéma dès sa naissance à la fin du XIXème siècle. Ils croyaient à la puissance des images sur les âmes en bien et en mal. Rappelons nous les films religieux à des fins d’évangélisation dans les salles des patronages.

Après avoir vécu une conversion brutale, j’étudie le cinéma et choisis de produire mon mémoire sur la représentation du personnage du Christ, mettant en œuvre le mystère de l’Incarnation, réflexion sur la mise en image du divin, vocation du cinéma à suggérer un au-delà du visible. Le Christ est d’ailleurs le personnage le plus représenté dans l’histoire du cinéma, des centaines de films en représentation directe ou métaphorique

Parmi les films les plus remarquables, L’Évangile selon Matthieu est réalisé par le poète et cinéaste italien Pasolini en 1964 avec un postulat unique dans l’histoire du cinéma : le scénario suit le texte de l’1vangile mot à mot.Pour Pasolini athée, Jésus n’est pas Dieu mais est un idéal d’une telle humanité qu’il est divin. Le film lui échappera, car la Parole a en soi un potentiel que nous ne pouvons pas prévoir (Pape François Evangelii gaudium).

Evangéliser ne veut pas forcément dire parler de Dieu en suivant un plan, une stratégie.
"Ni Pasolini, ni moi, n’avons eu conscience de faire un acte d’évangélisation. Dieu s’est servi de nous comme instrument."

2) Questions d’auditeurs
- Pourquoi l’Église n’est-elle pas plus présente dans ce monde du cinéma ?
- Comment apprendre à lire les signes des temps ? "Allez à la périphérie..."

François Beuneu

François Beuneu

chercheur CNRS (physique expérimentale des matériaux), récemment retraité, diacre.
Télécharger le texte du témoignage
1. Quelques éléments du témoignage :
Le milieu scientifique est particulièrement sécularisé. Mais les scientifiques ont des valeurs qui sont proches des valeurs chrétiennes et ils font en général preuve de grande ouverture d’esprit. Dans ce milieu scientifique, ce chercheur a très peu parlé de sa foi et rappelle ce que propose le pape François : annoncer l’Évangile par la cohérence de sa vie.

2. Questions d’auditeurs
- Pensez vous que la recherche scientifique peut mener à Dieu ?
- Une vie authentique, en cohérence avec sa foi est-elle aussi importante que de prendre la parole pour dire Dieu ?

Eric Julien

Eric Julien

écrivain, auteur compositeur interprète de spectacles chrétiens.
Dire Dieu en évitant le risque moralisateur - Télécharger le texte du témoignage

1. Quelques éléments du témoignage :
-  Jésus n’utilise pas de langage moralisateur. Il est à notre écoute et nous propose de faire de même envers notre prochain comme envers Lui .
-  La tentation moralisante s’entend dans le langage : " il faut", " on doit"... l’amour est-il un devoir ?
La formulation plurielle du "nous devons" est même signe d’impuissance collective. Comment ne pas dire "je" pour pouvoir dire “Dieu” ?
-  Libéré de mon ego moralisateur , je peux entendre, écouter, prendre soin de l’autre. Dieu commence par se dire à travers la qualité de la présence et de l’écoute.

2. Des questions d’auditeurs
-  Comment reconnaître le Christ et sa présence réelle dans le flot d’humains et de sollicitations de ce monde ? Peut-on le faire sans l’éclairage de la transmission par les autres croyants ?
-  Quelles nouvelles pistes les jeunes générations peuvent elles emprunter dans l’usage des moyens de communications modernes, pour continuer à évangéliser leurs contemporains, dans le respect des consciences, sans franchir les barrières de la manipulation médiatique.

Gaëtan Ziga

Gaëtan Ziga

éducateur, artiste, président de l’association coexister en Essonne, responsable de Young Caritas Essonne.
Peut-on dire Dieu sans l’envelopper dans des dogmes et une morale ?

1. Quelques éléments du témoignage :
Français, originaire du Cameroun, venu en France à l’âge de 13 ans.
"J’ai eu une transmission orale de la foi par mes parents, surtout de ma mère qui ne sait pas lire.
La foi est une invitation à accueillir l’autre, à rencontrer les autres, et être au service de ses frères.
J’ai traduit ceci par mon métier d’éducateur auprès des aveugles, muets, autistes. Comme langage, j’utilise le chant et la musique, reçus de mes parents, pour être en communication avec les jeunes et partager ce que je vis à l’intérieur de moi.
Ma foi est mon soutien au quotidien. Les dogmes ne sont pas le plus important, il faut d’abord faire l’expérience de la rencontre."

2. Des questions d’auditeurs
- Etre au service de ses frères est il suffisant pour annoncer Dieu ?
- Le langage de la musique permet-il d’être plus proche de l’autre ?
- Est on sûr que notre foi est, pour nous aussi, un soutien au quotidien ?


Cette page a été réalisée avec la collaboration de la commission diocésaine "Munich".

Il existe dans notre diocèse d’Evry-Corbeil-Essonnes une commission diocésaine d’échange avec le diocèse de Freising-Munich. C’est Saint Corbinien qui fait le lien entre nous.

Outre les pèlerinages réguliers entre Arpajon et Freising, et les échanges entre services diocésains ou jeunes, diacres, prêtres, permanents en pastorale, depuis 15 ans, les deux commissions issues des conseils diocésains de Munich et Freising d’une part et d’Evry-Corbeil-Essonnes d’autre part ont travaillé, tous les ans, réfléchi ensemble sur différents thèmes, encouragé ou initié des échanges.
Nous avons découvert nos différences au niveau religieux, politique ou social. Nous avons apprécié ces différences qui nous ont enrichi mutuellement.
Mgr Dubost a proposé un nouveau thème d’échange : "Comment dire Dieu dans notre société sécularisée ?"
En Allemagne comme en France nous constatons la baisse des pratiques religieuses, la baisse du nombre de prêtres, la difficulté pour l’Eglise de se faire comprendre. La sécularisation prend évidemment des formes différentes dans nos deux pays, mais nous sommes tous préoccupés de l’avenir de l’Eglise, de la façon de dire Dieu aujourd’hui.

Il y a eu le 7 septembre, lors de la fête de Saint Corbinien, l’ouverture du colloque avec les interventions de nos deux évêques, le Cardinal Marx de Munich et Monseigneur Dubost et du sociologue réputé Jean-Louis Schlegel.

Dans nos deux pays nous conduisons maintenant une réflexion, chacun à notre manière, et nous mettrons en communs nos pistes, nos conclusions.

Le 16 novembre 2013, nous avons invité des personnes à témoigner. Elles ont été choisies car elles ont une expérience de la façon de dire Dieu aujourd’hui, soit avec des outils nouveaux, soit dans des milieux spécifiques, comme la prison, le milieu scientifique...
Nous leur avions posé trois questions issues du débat du 7 septembre :
 Peut-on dire Dieu sans l’envelopper dans des dogmes et une morale ?
 Faut-il dire Dieu ? Comment ?
 Exhortation du pape François : "Allez à la périphérie". Des situations ont pris une acuité nouvelle (monde sécularisé, moyens de communication, divorcés remariés, homosexuels...Qu’en dire ? Que faire ?

Nous souhaitons faire profiter le plus grand nombre de la variété et de la richesse de ces témoignages.

Nous serions heureux que vous puissiez, vous, lecteur, participer aussi à ce débat et enrichir notre réflexion par vos réactions, vos témoignages. Une adresse mail est à votre disposition pour réagir :
L’objectif est de tendre vers des pistes concrètes, nous sommes tous responsables de l’avenir !

Hélène Loirat responsable de la commission Munich

.

9ème veillée de prière pour la vie
mardi 30 mai, à Notre-Dame de Paris
en présence des évêques d’Île de France.
La Croix