Contact S'identifier
Diocèse d'Evry - Corbeil Essonnes - AccueilDiocèse d'Evry - Corbeil Essonnes - Accueil

Catholiques en Essonne

Donner en ligne

Accueil > Actualité, agenda, événements > Homélies > Messe chrismale Homélie de Mgr Pansard

Messe chrismale
Homélie de Mgr Pansard

L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’Onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres... Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.

Nous ne nous sommes pas consacrés nous-mêmes. C’est l’Esprit-Saint qui nous a consacrés par l’onction, l’Esprit qui reposait sur Jésus. L’Esprit-Saint est le grand acteur de la célébration de ce jour.

L’Esprit de Dieu accompagne tous les commencements, tous nos commencements et recommencements.

  • Il plane sur les eaux au commencement du monde suscité par Dieu.
  • Il est présent à l’Annonciation, au commencement de la vie humaine de Jésus, le Fils de Dieu, dans le sein de Marie.
  • Il est présent au commencement de son ministère public à son baptême dans les eaux du Jourdain,
  • Il est présent dans l’aujourd’hui du ministère de Jésus à la synagogue de Capharnaüm où il inaugure son ministère public,
  • Il est présent à ce nouveau commencement qu’est sa résurrection d’entre les morts selon l’Esprit de sainteté (Rm 1)
  • Il est présent au commencement de l’Église au pied de la croix comme à la Pentecôte
  • Il est présent à ce nouveau commencement que nous attendons comme le dit le livre de l’apocalypse : L’Esprit et L’Église disent « Viens Seigneur Jésus... »

Ce même Esprit qui reposait sur Jésus et que Jésus nous donne, nous est donné dans les sacrements de l’initiation chrétienne

  • Au baptême pour vivre ce à quoi il nous appelle : devenir à la suite du Fils unique, des enfants de Dieu, des hommes et des femmes, des disciples qui se reçoivent sans cesse de Dieu notre Père,
  • À la confirmation, il nous est donné pour nous affermir, nous rendre fort dans le combat de la fidélité et l’aventure du témoignage
  • En chaque messe comme ce soir, l’Esprit-Saint nous entraîne, par notre communion à la vie donnée de Jésus, à faire de nos vies données avec Lui et non repliées sur elles-mêmes. Il nous est donné pour faire grandir l’unité du corps qu’est l’Église.
  • L’Esprit est donné aux catéchumènes comme une force pour résister au repli sur soi et accueillir plus profondément l’Évangile qu’est le Christ
  • L’Esprit est donné aux malades pour les soutenir et les soulager dans l’épreuve de la souffrance qui peut les faire tomber sur le chemin de la foi et les entraîner dans la désespérance.
  • L’Esprit nous est donné à nous qui avons reçu l’imposition des mains et le don de l’Esprit-Saint lors de l’ordination des diacres, des prêtres et de l’évêque pour participer, chacun selon notre ordre, à l’exercice du ministère des apôtres et être des serviteurs de l’unité et de la communion de l’Église en étant des serviteurs de Celui qui par nos paroles et nos gestes, agit plus que nous-mêmes, Jésus le Christ.

Voilà ce que nous rappellent la bénédiction des huiles, la rénovation des promesses d’ordination, avant de renouveler la foi de notre baptême à Pâques. Voilà ce que nous rappelle la célébration de l’Eucharistie aujourd’hui dans la cathédrale, véritable épiphanie de l’Église avec l’évêque, le presbyterium, les diacres et le peuple de Dieu dans la diversité de ses visages et états de vie.

Les sacrements inscrivent nos vies sous le primat de la grâce, de l’Esprit de Dieu. Car ce qui est premier c’est ce que Dieu nous donne. Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu les premiers, c’est lui qui le premier nous aime, se donne, se livre pour nous faire vivre de sa propre vie.

Je retiens pour chacun d’entre nous une invitation vitale. Pour tenir dans la vie, pour tenir dans la foi, pour tenir dans l’aventure de la vie chrétienne, pour tenir dans l’aventure du ministère, pour tenir dans la vie ecclésiale nous avons besoin de nous recevoir. Nous avons besoin de ne pas compter uniquement sur nos propres forces et volontés pourtant nécessaires. Nous le savons bien, c’est la tentation et l’expérience douloureuse de Pierre et des disciples dans la passion... « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain. » (Ps 126)
Les mots de la prière sont l’expression de cette attitude vitale des chrétiens que nous sommes :

  • Dieu, viens à mon aide... Seigneur prends pitié, sauve-moi…
  • Viens Esprit-Saint assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, redresse ce qui est tordu

Avant de vouloir donner et donner, savons-nous nous recevoir, comme nous l’entendions dimanche dans le livre d’Isaïe 50,4 : « Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. »

Si nous avons besoin de nous recevoir de Dieu, si l’Esprit nous est donné, ce n’est pas pour notre tranquillité, c’est toujours pour une tâche, une mission à accomplir. Cette mission n’est pas autre chose que de participer à la mission de Jésus le Christ : « comme le Père m’a envoyé moi aussi je vous envoie » (Jn 20), « Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé ».

Je voulais vous rappeler cela, au cœur de la semaine sainte, pour vous inviter à repartir du Christ au moment où beaucoup sont fatigués, désabusés, au moment où notre Église, nos communautés, nos vies connaissent des secousses… au moment aussi où reviennent souvent dans nos paroles l’inquiétude pour nous-mêmes ou pour les jeunes générations.

Repartir du Christ c’est l’attitude fondamentale qui a été celle de l’Église à tous ses moments de crise et de renouveau. Il y en a eu en 2000 ans d’histoire... « Repartir du Christ pour avoir entre nous les mêmes dispositions qui furent en Jésus-Christ. » (Ph 2)

Repartir du Christ et du Christ Ressuscité ! Cela veut dire que, dans des situations où, à bien des égards, nous avons le sentiment d’être le dos au mur, c’est être remis face au large.

Repartir du Christ à la cène, à Gethsémani, en sa passion et sa mort sur la croix, en sa Pâque, nous rappelle que née de Pâques, l’Église, comme chacun d’entre nous, vit sous le signe de la croix imprimée en elle par le baptême et dont nous célébrons la fécondité dans l’Eucharistie. Ne rêvons pas que le chemin de l’Église soit différent de celui qu’elle suit jusqu’en sa Passion. L’Église est vouée à partager la destinée de son Seigneur si elle participe à sa mission, sans employer d’autres moyens que les siens. Nous n’avons pas d’autres voies que d’entrer dans ses manières d’être et de faire, pour vivre à notre tour, à l’égard de nos frères et sœurs en humanité à la manière dont nous avons goûté que Lui, le Seigneur et le Serviteur de nos vies, se conduit et s’engage vis-à-vis de nous . Nous en faisons mémoire en chaque messe, nous en ferons mémoire jeudi avec le lavement des pieds qui nous invite à nous tenir là où il se tient, non en regardant d’en haut, mais d’en bas, à genou devant les hommes.

Repartir du Christ et du Christ Ressuscité, c’est toujours être mis, remis face au large. Hier, comme aujourd’hui, cela n’a jamais été ni évident, ni facile. Comme au matin de Pâques, il s’agit pour nous d’accueillir, de reconnaître comme les apôtres, l’initiative, l’œuvre de Dieu à laquelle ils ne s’attendaient pas, qu’ils n’attendaient plus… œuvre de Dieu à accueillir bien au-delà des focalisations médiatiques, des désirs changeants des foules ou des rétrécissements de notre regard.

Repartir du Christ, et du Christ ressuscité, ce n’est pas la reprise de la situation antérieure. C’est toujours un en-avant, un envoi en mission où il s’agit de quitter ce qui est connu pour aller vers l’inconnu, ce que nous ne connaissons pas encore.

En suivant Jésus en cette semaine sainte, repartons du Christ, pour que soit vraie cette parole en nos vies : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’Onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres... Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

Amen

† Mgr Michel Pansard
Évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes

Télécharger l’homélie

Mgr Michel Pansard
Bande annonce du Film le pape François, un homme de parole
en salle le 12 septembre 2018
La Croix