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Accueil > Découvrir l’Église en Essonne > Mouvements, services, solidarité > Pastorale Liturgique et Sacramentelle > Notre-Père La nouveauté d’une ancienne prière

Notre-Père
La nouveauté d’une ancienne prière

Notre-Père chanté

Le Notre-Père change de formulation.
Nous sommes invités à dire tous ensemble la nouvelle formule dès le premier dimanche de l’Avent. Des cartes ont été réalisées pour aider à la prière. Vous pouvez télécharger le modèle pour les faire imprimer vous-même en ligne.
Le format choisi est un A7 (74mm/105mm).
En ligne, l’impression se fait en quelques jours, un colis peut être reçu 8 jours l’envoi de la commande. Ne traînez plus !
Télécharger la carte en PDF
Pour une aide à l’impression, vous pouvez contacter le Service Communication : 01 60 91 17 11

Notre Père
Chanter, c’est prier deux fois !

Le premier dimanche de l’Avent, on passe à la nouvelle traduction de la sixième demande du Notre Père (Ne nous laisse pas entrer en tentation). Une occasion pour retrouver le chant du Notre Père avec

  • l’inusable version de Rimski-Korsakov
  • une composition pour cette nouvelle traduction de Thomas Ospital , le compositeur de notre messe de la Résurrection
  • une composition proposée par notre évêque de Patrick Delabre , titulaire des orgues de la cathédrale Notre-Dame de Chartres (partitions à venir)

La nouveauté d’une… ancienne prière.

A compter du 3 décembre prochain, premier dimanche de l’Avent, notre prière liturgique va connaître une modification importante. La traduction de la sixième demande du Notre Père sera changée. A la place de « et ne nous soumets pas à la tentation », en usage depuis 1966, nous dirons désormais « et ne nous laisse pas entrer en tentation ». La décision fut prise en 2013 lors de la parution de la nouvelle traduction de la Bible pour la liturgie.
Depuis quelques années nous nous habituons aux nouveaux livres des lectures pour la messe, déjà on y trouve cette traduction renouvelée du Notre Père. Nous aurons donc à nous habituer à cette nouvelle formulation de la prière du Seigneur qui est en grec dans les manuscrits originaux.
Le 3 décembre est le premier dimanche de l’Avent, le début d’une nouvelle année liturgique, c’est donc le moment opportun pour ce nouvel usage dans notre prière liturgique. La Belgique et le Bénin utilisent cette nouvelle traduction depuis la pentecôte 2017. Ainsi, les divers pays où le français est utilisé dans la liturgie auront le même texte en usage.

D’où vient le Notre Père ?

La prière du Seigneur Jésus est rapportée par deux évangélistes avec de petites différences dans le vocabulaire ainsi que dans sa situation au sein du récit évangélique. Chez Matthieu (Mt 6,8b-13) la prière est au plein cœur d’un grand discours de Jésus sur la loi nouvelle (Mt 5-7) qui suit l’appel des disciples et précède des miracles et des signes du Royaume. Chez Luc (Lc 11,2b-4) la prière est présentée suite à la demande des disciples de Jésus qui veulent apprendre à prier, alors que tous cheminent vers Jérusalem. Juste après, Luc fait écho à l’insistance du Seigneur sur la relation filiale qui existe entre Dieu et nous ; c’est sur ce fond que s’élèvent les mots de la prière. Notre prière liturgique fut donc formée à partie de ces deux textes.
« Si être homme signifie essentiellement être en relation avec Dieu, cela implique un dialogue avec Dieu et l’écoute de Dieu »(Joseph RATZINGER – BENOIT XVI, Jésus de Nazareth, t.1, Paris, Flamarion, 2007, p. 151) . Nous écoutons Jésus, le Fils Unique, nous enseigner la prière afin d’habiter le dialogue avec le Père. Ainsi, le Seigneur forme nos dispositions intérieures. Jésus « hisse pour ainsi dire nos détresses humaines jusqu’au cœur de Dieu »(Joseph RATZINGER – BENOIT XVI, Jésus de Nazareth, t.1, Paris, Flamarion, 2007, p. 155) . Cette prière « configure » (au sens informatique) notre propre prière. Peut-on tout dire et demander à Dieu ? Y a-t-il des demandes qui ne sont pas justes ? Comment savoir si notre prière est « bonne » ? Peut être que le Notre Père est la boussole de notre prière. Elle est la prière du Fils à partir de laquelle et vers laquelle nous ajustons notre prière. Un peu comme le « je crois en Dieu » est la boussole dans notre réflexion sur qui est Dieu.
Le Notre Père se compose d’une invocation et de sept demandes. « Dans les trois premières demandes il s’agit de Dieu lui-même dans ce monde ; dans les quatre demande suivantes, il s’agit de nos espérances, de nos besoins, et nos difficultés ». A compter du premier dimanche de l’avent c’est uniquement la sixième demande qui sera modifiée. Dans notre prière ensemble, nous ne dirons plus « ne nous soumets pas à la tentation », mais « ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Pas si simple de traduire !

Les plus vieux manuscrits que nous avons des évangiles sont écrits en grec. Sur la Croix de Jésus le motif de sa condamnation est écrit en trois langues. Au jour de la pentecôte, la Bonne Nouvelle était entendue par chacun dans sa langue maternelle. La mort et la résurrection de Jésus, le cœur de notre foi, est donc fait pour rencontrer et imprégner chaque culture, chaque langue. Dans l’antiquité, la langue qui a le plus servi à la diffusion de l’Évangile fut le grec, alors que qui a été vécu et exprimé par le Seigneur Jésus et ses plus proches sur terre le fut en hébreu ou en araméen. Il avait donc fallu traduire. Ceux qui ont appris une autre langue que la leur savent qu’il n’y a pas toujours de correspondance parfaite entre les mots. Il y a des langues dont les mots sont plus imagés d’autres plus conceptuels ; certaines langues pour lequel un mot suffit alors que pour d’autres il y a diverses formules selon des subtilités. Quand le monde méditerranéen a moins utilisé le grec pour se parler et prier, la bible et la liturgie furent traduites en latin puis désormais en une multitude de langues. Dans la liturgie, nous gardons une trace de ce parcours avec le « Kyrie » (grec) et l’« alléluia » (hébreu).
Le Catéchisme de l’Église Catholique, en 1992, présentait la difficulté à traduire la sixième demande du Notre Père. « Traduire en un seul mot le terme grec est difficile : il signifie « ne permets pas d’entrer dans » (…) Nous demandons à Dieu de ne pas nous laisser prendre le chemin qui conduit au péché ». Les spécialistes du grec et des langues sémitiques proposent de traduire cette avant dernière demande du Notre Père soit par « Et ne pas faire entrer nous dans la tentation/épreuve » soit par « Fais que nous n’entrions pas… »
Bien entendu, chacun peut prier avec les textes grecs que comportent nos bibles ! La version latine du Notre Père n’est pas modifiée et reste en usage. Cependant, désormais en français, c’est la nouvelle traduction qui sera employée pour la liturgie (messe, temps de prière, office, baptêmes funérailles, mariages etc.). C’est d’une même voix que le corps du Christ prie. C’est la raison pour laquelle il n’est pas laissé au choix de chacun le texte récité dans la prière commune ! C’est un effort auquel chacun est appelé à consentir pour la prière commune. Le Conseil d’Églises chrétiennes en France a recommandé que lors des célébrations œcuméniques qui auront lieu à partir de l’Avent 2017, la sixième demande du Notre Père soit dite selon cette nouvelle traduction.

Dans les semaines à venir :

• Quel est l’enjeu de cette traduction ?