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Prier avec la Parole de Dieu du dimanche

Un commentaire d’Évangile est proposé à votre méditation afin de "savourer" spirituellement les textes que l’Église nous propose.

Nous espérons ainsi vous apporter une aide pour la prière personnelle mais aussi pour la préparation de l’Eucharistie.

Ces "propositions pour l’oraison" sont assurées, à tour de rôle, par des communautés contemplatives et de Frères et Sœurs aînés du Diocèse d’Évry.

Les communautés religieuses qui
participent à cette animation spirituelle :

Dimanche 24 Septembre 2017 - 25ème Dimanche du Temps ordinaire - Année A

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (1, 20c-24.27a)

Frères,
soit que je vive, soit que je meure,
le Christ sera glorifié dans mon corps.
En effet, pour moi, vivre c’est le Christ,
et mourir est un avantage.
Mais si, en vivant en ce monde,
j’arrive à faire un travail utile,
je ne sais plus comment choisir.
Je me sens pris entre les deux :
je désire partir
pour être avec le Christ,
car c’est bien préférable ;
mais, à cause de vous, demeurer en ce monde
est encore plus nécessaire.

Quant à vous,
ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ.


Pour aider notre prière

La première place au Christ

Rappelons le contexte de la lettre aux Philippiens : Paul est emprisonné et a dû faire face à une menace d’exécution, mais il garde l’espoir de revoir bientôt les chrétiens de Philippes (Ph 2, 24).
Le point de départ de ce passage, c’est le corps, c’est notre humanité, c’est la pâte humaine que le Christ notre Seigneur est venu habiter, pour nous sauver. La maturité spirituelle de Paul est exemplaire : vivre ou mourir, peu importe, tant que cela est ad majorem Dei gloriam – pour la plus grande gloire de Dieu. Il exprime ainsi une parfaite « indifférence » telle que décrite par Saint Ignace de Loyola au début des Exercices Spirituels :
«  ...de telle manière que nous ne voulions pas, pour notre part, davantage la santé que la maladie, la richesse que la pauvreté, l’honneur que le déshonneur, une vie longue qu’une vie courte (…) mais que nous désirions et choisissions uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés.  » [ES 23, 6]
Dans les deux phrases suivantes, l’Apôtre évoque, d’une part, l’attrait de la mort vécue avec le Christ et, d’autre part, l’utilité de la vie en ce monde. Cela introduit l’affirmation centrale de ce passage, qui exprime l’impasse dans laquelle se trouve Paul – et dans laquelle chacun de nous peut aussi se trouver – « je ne sais plus comment choisir ; je me sens pris entre les deux ». En effet, comment choisir entre deux choses bonnes ? Mais nous voyons alors ce tiraillement devenir un formidable tremplin pour illustrer notre vocation chrétienne. Le choix du Christ est premier – « pour moi vivre c’est le Christ » ; « je désire partir pour être avec le Christ  » – et il se conjugue, ensuite, avec les exigences de l’Évangile à annoncer. Et si Paul s’attribue le titre d’« apôtre » dans l’adresse de la plupart de ses lettres, c’est bien parce qu’il reconnaît dans ce terme (qui veut dire « envoyé en avant, messager, ambassadeur ») le sens même de sa mission.
Sa vocation est aussi la nôtre, en vertu de notre baptême qui nous configure au Christ en vue de l’annonce de la Bonne Nouvelle à toutes les nations (cf. Mt 28, 19-20). Cela passe, certes, par les grandes décisions de notre vie (état de vie, vocation religieuse...) mais aussi par les petits choix de tous les jours. En ce sens, voici quelques questions pour nous aider à approfondir ce que ce passage suscite en nous :
•Quand ai-je fait l’expérience que « pour moi [aussi] vivre, c’est le Christ » ?
•Qu’est-ce qui pourrait m’empêcher de dire que « mourir est un avantage » ?
•Entre quels choix suis-je pris(e) actuellement ? Comment est-ce que je choisis entre ma préférence et le plus nécessaire ?
•Qu’est-ce qui m’aide à mener une vie « digne de l’Évangile du Christ » dans ma vie de famille, de couple, dans ma vie professionnelle, dans mes études, dans tout ce qui fait ma vie aujourd’hui ?


Commentaire proposé par un frère de la Communauté du Chemin Neuf
Tigery

Dimanche 15 Otobre 2017 - 28ème Dimanche du Temps ordinaire - Année A

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (4, 12-14.19-20)

Je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance. J’ai été formé à tout et pour tout : à être rassasié et à souffrir la faim, à être dans l’abondance et dans les privations. Je peux tout en celui qui me donne la force. Cependant, vous avez bien fait de vous montrer solidaires quand j’étais dans la gêne.
Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse, magnifiquement, dans le Christ Jésus.
Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.


Pour aider notre prière

Faisant étalage de tout ce qu’il est capable de supporter ; de tout ce qu’il sait par ses diverses formations ; de son impressionnante liberté par rapport aux situations dans lesquelles il se trouve, nous pourrions croire que Paul « a pris la grosse tête ou a les chevilles qui enflent ».

Au contraire, à travers ces quelques évocations, il nous montre qu’il a atteint le deuxième degré de l’humilité que l’on pourrait qualifier de « sainte indifférence ».

Dans les Exercices spirituels, saint Ignace souligne :

§ 166 Le second degré d’humilité est plus parfait que le premier. Il consiste à me trouver dans une entière indifférence de volonté et d’affection entre les richesses et la pauvreté, les honneurs et les mépris, le désir d’une longue vie ou d’une vie courte, pourvu qu’il en revienne à Dieu une gloire égale et un égal avantage au salut de mon âme. De plus, quand il s’agirait de gagner le monde entier, ou de sauver ma propre vie, je ne balancerais pas à rejeter toute pensée de commettre à cette fin un seul péché véniel.

Richesses ou pauvreté, honneurs ou mépris, longue ou courte vie, n’exercent plus leur pouvoir, ni de séduction, ni de répulsion.
Rassasiement ou faim, abondance ou privations chez Paul, ont perdu leur pouvoir. Ce n’est plus ça qui doit compte.

Tant que ça compte dans notre vie, nous nous affaiblissons car nous sommes notre propre référent. Nous devons donc nous décentrer de nous-mêmes « car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui qui est mort et ressuscité pour eux. » (2 Co 5, 15Traduction Bible de la Liturgie).

Ce qui compte, c’est l’annonce de la Bonne Nouvelle, la croissance des communautés chrétiennes, visages de l’Église ; c’est que grandisse le Royaume de Dieu et que se manifeste la gloire de Dieu.

Paul ensuite évoque la conséquence de cette sainte indifférence : « Je peux tout en celui qui me donne la force ».
Il aura cette belle formule : « C’est quand je suis faible que je suis fort » (2 Co 12, 10).
Force ou faiblesse, peu importe ; l’important est d’œuvrer pour le royaume sans tenir compte de notre opinion sur nous-mêmes mais en nous confiant en Dieu qui donne force pour la mission.

Cette attitude de sainte indifférence est source de force ; elle stoppe l’hémorragie énergétique qui nous affaiblit.
Ne nous y trompons pas, la sainte indifférence est tout sauf l’insensibilité ou l’impassibilité. Paul prouve dans toutes ses lettres, combien il est sensible et soucieux de l’évolution des communautés. À son exemple, plus on est insensible à ce que l’on vit soi-même, plus on est sensible à ce que les autres vivent.

Paul, lui qui a passé la plus grande partie de sa vie d’apôtre du Christ, dans le dénuement, la souffrance et les chaînes, souhaite à tous l’abondance de richesses. La preuve que l’indifférence envers soi ouvre à l’amour des autres.

En ce dimanche, nous pouvons nous demander si nous avons atteint cette « sainte indifférence », ce deuxième degré d’humilité qu’évoque saint Ignace.
Quelle est notre attitude par rapport aux événements prévus ou imprévus de notre vie ?
Percevons-nous combien notre force est dans le Seigneur et pas en nous-mêmes ?

« Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob,
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu…
 »
(Ps 145, 5)


Commentaire proposé par Alain NOËL, Site Monastère invisible — Fraternité Sainte Croix,
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Chronique des saints
Michel
La Croix